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Les insectes pollinisateurs disparaissent en silence dans nos territoires et pourtant ils jouent un rôle majeur dans notre environnement, notre agriculture et notre santé. Pour agir face à cette urgence, la création d’un jardin pour favoriser les pollinisateurs est le premier pas à l’échelle de notre commune pour renouer avec la nature et ses petits habitants méconnus. Ce projet participatif a pour vocation de créer un lieu de partage, de découverte et d’émerveillement pour les petits et grands autour des fleurs sauvages, abeilles solitaires, papillons, syrphes, coléoptères et autres pollinisateurs.

Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour faire foisonner ce lieu de fleurs sauvages mellifères et de refuges pour les insectes.

Planter, semer des fleurs sauvages, créer des gîtes pour les insectes, observer et découvrir la diversité des abeilles, papillons, coléoptères et autres pollinisateurs. Voici en quelques mots les idées à l’origine de ce projet.

Installé tout près de la ludo-médiathèque et du city stade, cet espace bucolique et sauvage sera une invitation à la promenade et à l’émerveillement. 

Il sera aussi un formidable support pour animer des ateliers, sorties natures et ainsi partager les connaissances autour de la nature… et surtout valoriser notre biodiversité locale.

Sa gestion sera adaptée pour respecter les cycles de vie des insectes et ainsi favoriser leur installation naturelle. 

La plupart des plantes à fleurs de nos régions ont besoin, pour se reproduire, d’un transporteur spécialisé. C’est là où les insectes pollinisateurs entrent en jeu. En effet, ces insectes, en butinant, transportent le pollen de fleur en fleur assurant ainsi la pollinisation. Sans eux, pas de fruits, pas de graines, pas de nouvelles plantes.

Évidemment, ces quelques mots résument de façon très incomplète une multitude de mécanismes et d’interactions complexes entre les plantes et les insectes. Et pour aller plus loin sur ces sujets, nous mettons à disposition au bas de cette page une liste de ressources documentaires

Quand on pense aux pollinisateurs, c’est évidemment l’abeille domestique qui nous vient en tête, mais ce n’est qu’une espèce parmi les 970 espèces d’abeilles sauvages françaises ! Les syrphes, les papillons, les guêpes, les coléoptères et bien d’autres familles d’insectes participent à cette immense tâche qu’est la pollinisation. En retour de ce service rendu les fleurs leur offrent du nectar.

Les images ci-dessous illustrent la diversité des formes et couleurs de ces insectes peu connus et notamment des abeilles sauvages.

Une cétoine dorée (Cetonia aurata) et un tabac d’espagne (Argynnis paphia) butinent les fleurs de ronces

Une abeille à longues antennes (Eucera nigrescens)

Une halicte de la scabieuse (Halictus scabiosae) sur une fleur de ciboulette

Grâce aux équipes de la commune, la base du jardin a rapidement pris forme en mars 2026. Un massif de terre végétale a été mis en place, prêt pour accueillir les premières plantations. Une zone d’herbes folles a été délimitée autour du talus pour laisser fleurir cette petite prairie.

Dès le mois d’avril, des ateliers de plantation ouverts à tous seront organisés pour prendre possession des lieux ensemble et commencer à planter et à aménager des abris à insectes. Les végétaux installés seront soigneusement sélectionnés pour leurs propriétés mellifères et leur origine locale. Ces ateliers seront aussi l’occasion de découvrir la faune et la flore du village

“J’ai vu un superbe papillon dans mon jardin, mais je ne sais pas comment il s’appelle et s’il est rare ou commun. J’ai réussi à prendre une photo, mais je ne sais pas à qui la transmettre”. Partager ses observations est un moyen d’apprendre et de faire avancer la science. Il existe plusieurs façons de les partager comme l’application mobile iNaturalist très simple d’utilisation et très utile pour les amateurs comme pour les experts…

Nos jardins sont “propres”, bien tondus, mais sans vie, brûlés en été si l’on ne les arrose pas. Pourquoi ne pas laisser quelques espaces pour que la faune et la flore puissent y revenir. Partager son jardin avec la nature. Aucune espèce animale n’aura un jour un titre de propriété et pourtant n’ont t’elles pas au même titre que nous, le droit d’habiter notre planète ?

Le jardin des pollinisateurs est un tout nouveau projet qui a pour but de créer un petit jardin pour la biodiversité. Cet espace, situé derrière la nouvelle ludo-médiathèque de Gamarde les bains, a été préparé fin mars avec l’aide des cantonniers.

Pour cette toute première animation au jardin des pollinisateurs, l’objectif était évidemment de planter des fleurs sur le talus de terre encore vierge. Le soleil était au rendez-vous et les bénévoles nombreux. C’est avec enthousiasme que la quinzaine de jardiniers, petits et grands ont installés une première sélection de plantes mellifères vivaces et annuelles dont voici une liste non exhaustive :

Lavande dentelée
Origan
Sauge arbustive
Romarin
Coronille bigarrée
Molène
Cardère sauvage
Centaurée
Linaire commune
Knautie des champs
Scabieuse colombaire
Scabieuse géante
Consoude bleue
Oenanthe faux boucage
Tordyle élevé
Trèfle des prés
Vipérine commune
etc..

Des espèces sauvages et locales en mélange avec des aromatiques bien appréciées mais toujours avec un intérêt pour les insectes.

Une fois les plantations terminées et surtout bien arrosées, nous sommes partis explorer la prairie et la haie voisine pour essayer d’observer les pollinisateurs et autres insectes des environs. Après quelques coups de filet à papillons, ce sont deux andrènes (abeilles sauvages terricoles) que nous avons pu découvrir butinant les fleurs d’un sureau. Plus loin, c’est un tircis (papillon commun, des lisières forestières) que nous avons pu observer de près. Parmi les hautes herbes, quelques minuscules sauterelles et criquets encore au stade larvaire ont pu être aperçus.

Une après-midi très réussie avec, on l’espère, une météo un peu moins chaude pour la suite du mois d’avril afin de faciliter la reprise des plantations.

Après les plantations (animation du 15 avril), il était maintenant question de fabriquer des abris pour les insectes pollinisateurs. Toujours sous un soleil de plomb, nous avons disposé quelques grosses pierres et rondins de bois mort que nous avons pris le soin de percer de trous de plusieurs diamètres. En effet, il faut prévoir des logements pour les différentes tailles de locataires.

Ces trous dans le bois sont destinés, entre autres, aux abeilles solitaires de la famille des osmies. Les osmies ne sont pas capables de creuser elles même les galeries dont elles ont besoin pour nicher. Dans la nature, elles utilisent les galeries abandonnées par les larves de coléoptères dans le bois mort. Cependant un animal redoutablement efficace a pour obsession de nettoyer la nature, si bien qu’il ne reste plus de bois mort pour les osmies (oui, je parle de nous les humains !). La réalité de cette crise du logement s’est d’ailleurs vérifiée sous nos yeux lors de cette animation puisque nous n’avions pas encore fini de percer une bûche que plusieurs osmies étaient déjà en de visiter les premiers trous ! (cf photo)

Une fois les installations terminées, nous avons fait un tour, filet à papillons en main, dans la prairie voisine et le long de la haie pour essayer d’observer quelques petites bêtes. Parmi les trouvailles : un curieux coléoptère Hister à 4 taches (Hister quadrimaculatus), de nombreux criquets de la famille des tetrix, quelques chenilles de mélitées, et trois papillons (le fadet commun, la piéride de la moutarde et le tircis).

La prochaine animation proposée sera sans doute sur mai pour une balade naturaliste sur la commune pour découvrir la faune et la flore printanière.

Inspirez-vous de ce projet près de chez vous et découvrez les bonnes pratiques https://ofb.gouv.fr/actions-citoyennes/rendre-son-jardin-accueillant-pour-les-pollinisateurs

Floraison estivale de scabieuses dans un jardin en ville

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